Finaliste

Benjamin Saulnier

Management de transition

Paris et Région Parisienne

Parlez-nous en quelques lignes du projet récent dont vous êtes le plus fier.

La participation au développement des activités commerciales de la biotech ECS Progatrin (« ECS »), qui offre des solutions de diagnostiques innovantes pour la détection précoce de cancers et leur suivi thérapeutique, a été particulièrement marquante sur le plan personnel et professionnel. Et, avoir eu l‘opportunité de participer à ce projet, axé sur l’amélioration de la prise en charge du patient est ce dont je suis le plus fier.
Dans le cadre du lancement commercial des solutions proposées par cette entreprise, la stratégie était d’adresser en priorité les marchés internationaux. En tant que manager de transition, j’ai été chargé de créer deux des entités régionales pour l’entreprise, l’une à Singapour et l’autre à Dubaï, au sein desquelles j’ai par la suite exercé les fonctions de directeur des opérations et de directeur administratif et financier.
La mise en place de ces deux structures a nécessité un forte capacité d’adaptation et la mise en œuvre de compétences dans des domaines très variés pour aboutir.
Tout d’abord, les deux territoires en question disposent d’une législation mouvante et contraignante pour l’implantation de nouvelles sociétés, notamment dans le secteur médical où il est requis de collaborer avec les structures étatiques. Le challenge était de convaincre ces institutions du service médical rendu et de l’impact économique de nos tests (cost / effectiveness), en proposant des tests sanguins à prix abordables pour optimiser la prise en charge des patients à un stade précoce de leur maladie et permettre ainsi de réduire les coûts liés à leur traitement. Grâce à l’établissement de de liens étroits avec les leaders d’opinion locaux dans le domaine médical, je suis parvenu à identifier des opportunités de partenariats qui permettraient d’introduire et de répandre l’usage de nos solutions de diagnostiques dans les services de santé locaux. Ces collaborations ont donné naissance à un projet de dépistage de masse de la population aux Emirats, ouvrant des perspectives commerciales très importantes pour ECS.
Par ailleurs, j’ai contribué au développement de ces deux entités, en mettant à profit mes compétences dans des domaines aussi variés que la négociation, la gestion des ressources humaines et le management de projet entre autres. J’ai participé notamment :
· A la contractualisation avec des distributeurs internationaux (ex. Eurofins) pour la commercialisation des tests et ce dans le contexte d’un rapport de force déséquilibré.
En effet, ECS faisant figure de jeune acteur sur le marché, les négociations ont été particulièrement complexes pour obtenir des conditions tarifaires raisonnables, assurer une bonne gestion logistique des échantillons servant aux analyses (temps limité pour délivrer une bonne qualité des résultats) et assurer le respect des normes ISO 13485 sur l’ensemble de la chaîne de valeur des tests (de leur fabrication jusqu’à leur analyse, en incluant leur distribution).

· Au recrutement et la formation d’une équipe de plus de 30 personnes de 10 nationalités différentes, répartie entre les deux régions, pour assurer les fonctions commerciales, logistiques et financières. L’enjeu principal a été de maintenir les équipes engagées malgré la distance et un environnement culturel où la fidélisation des employés est principalement liée au critère de rémunération. Valoriser la contribution de chacun des collaborateurs et les fédérer autour d’une vision commune (à savoir l’impact sur la prise en charge des patients atteints de cancer) ont donc été déterminants pour conserver les talents et délivrer à ECS une équipe solide et pérenne à la fin de ma mission. J’ai également participé à la mise en place des parcours de formation (développement de cours magistraux sur la science, mises en situation commerciales, tests en ligne et process qualité).

· À d’autres activités internes, incluant : la gestion des levées de fonds (responsable dataroom et des modélisations financières) et la gestion d’un projet de développement d’application mobile (dédié à la traçabilité des échantillons prélevés).

En surmontant chacun de ces challenges, j’ai permis à une innovation française de se déployer à l’international et j’ai participé aux avancées dans le domaine médical d’une problématique globale. Je suis fier d’avoir été une des parties prenantes de ce projet.

Pour moi, un bon consultant, c’est un consultant qui...

Pour moi, un bon consultant, c’est un consultant qui maitrise le savoir-faire et le savoir-être.

Sur l’axe du savoir-faire, dès le départ d’une mission, le rôle d’un bon consultant est de poser les bonnes questions et de reformuler la problématique et les attentes clients : les objectifs à atteindre sont -ils clairement identifiés ? Les méthodes et les solutions proposées pour y parvenir sont-elles les plus adéquates et optimales ?
Le bon consultant maîtrise la technique et sait en vulgariser les principes pour la rendre accessible et simple au client. Il est structuré et utilise des process rigoureux pour la planification et la mise en place de ses projets. Il est opérationnel et capable de s’adapter aux usages de ses partenaires et aux outils de l’environnement dans lequel il intervient. Il est capable de challenger ses propres solutions grâce au recul accumulé au travers de ses précédentes expériences qu’il met à profit dès qu’il le peut. De la même façon, il sait se remettre en question et s’appuyer sur un réseau d’experts, développé et entretenu au fil de sa carrière, capable de lui apporter des réponses ou des conseils si nécessaires.
Il se forme en permanence (via le terrain ou des formations). Il a une bonne appréhension de l’ensemble des métiers et expertises au-delà de son périmètre d’implication ; sa vision est transverse.
Il propose des solutions concrètes pour dépasser les potentiels obstacles qui se présentent à lui. D’ailleurs, celui-ci doit toujours avoir en tête qu’il ne résout pas qu’un simple problème, il réalise sa mission pour proposer un ensemble d’alternatives à son client.
Enfin, le bon consultant doit être un bon pédagogue : il sait transmettre son savoir-faire auprès des équipes internes pour assurer le maintien des compétences suite à sa mission. Cette étape de transition est aussi importante que la mission.

Sur l’axe du savoir-être, le bon consultant est autonome, agile, réactif, doué d’une très grande capacité de travail. Il sait s’ajuster au mode de fonctionnement de ses interlocuteurs. Il favorise le travail collaboratif ; il fédère. Ainsi, de manière régulière, il fait intervenir toutes les parties prenantes concernées par le projet pour appréhender avec une vue d’ensemble les problématiques posées et évaluer la pertinence opérationnelle des solutions. Il ne doit pas hésiter à faire preuve d’empathie pour s’intégrer au mieux au sein de l’équipe.
Le bon consultant, par son enthousiasme et son écoute, crée l’adhésion autour de sa vision et de ses méthodes. Il dynamise l’équipe qu’il intègre et lui apporte de nouvelles perspectives. Il fait preuve d’une intelligence émotionnelle forte pour s’adapter à des situations humaines parfois complexes.

Grâce à ces facultés, le bon consultant respecte ses engagements (délai, qualité, suivi). Son impact est encore bien identifiable longtemps après la fin de sa mission.

Selon vous, en quoi les indépendants vont changer le monde?

Le modèle des indépendants constitue une réponse appropriée à la transformation du monde de l’entreprise qui nécessite de plus de flexibilité et d’agilité pour s’adapter à un monde en perpétuel mouvement : le Covid est venu relever cette nécessité de manière brutale, entre autres, à travers l’usage du télétravail. Il répond aussi aux aspirations de certains salariés qui souhaitent développer et capitaliser sur leurs expertises tout en maîtrisant mieux l’organisation de leur temps et de leurs méthodes de travail, donnant la liberté de s’affranchir d’une forme de rigueur du modèle salariat ou d’être plus efficace. En outre, ce modèle est propice pour une société d’entrepreneur …
Le succès du modèle indépendant qui se déploie sur l’ensemble de l’économie – conseil, fonction RH, finance, métiers médicaux, etc. est une nouvelle donne qui va profondément changer l’économie, le marché de l’emploi et les relations entre la sphère personnelle et professionnelle.
Le mode de fonctionnement proposé par les indépendants provoque un bouleversement et constitue l’alternative la plus réaliste pour l’individu et l’entreprise de demain. Mais il ne faut pas oublier qu’à date plus de la moitié de la population mondiale travaille en indépendant (exemple aux États-Unis) contre un peu plus de 10% en France (avec une augmentation exponentielle depuis les dernières années).
Les indépendants ne sont donc pas le résultat de « signaux faibles » mais d’un mouvement de fond qui se généralise.
Dans le contexte actuel, les individus et les organisations ont besoin de trouver de nouvelles voies. Ils sont à la recherche d’alternatives et d’exemples dans un environnement ouvert et en pleine mutation. Les indépendants contribuent largement à cette perspective.

Entrepreneurs pour partie, les indépendants peuvent être une source d’inspiration car considérés comme libres, engagés et agiles.
Ils sont clés pour les organisations par leurs profils idoines. Lors des missions, ils sont souvent amenés à stimuler l’intelligence collective grâce à leurs expériences et leur vision transversale. Ils catalysent les compétences en interne ce qui permet au client de faire émerger de nouvelles perspectives pour ses collaborateurs mais aussi de les challenger.
Dans l’environnement actuel, les indépendants sont alignés avec les nouvelles attentes : ils sont des facteurs directs pour stimuler la créativité, la réactivité et la capacité d’adaptation. En parallèle, le statut d’indépendant doit encore se structurer. Le gouvernement et les partenaires sociaux sont concernés par cette prise de conscience et mes mentalités évoluent ; pendant la période de confinement, les indépendants, bien qu’ayant été presque les derniers concernés par les mesures de soutien ont néanmoins réussi à faire entendre leur voix.
De plus, beaucoup ont choisi ce statut pour respecter leur choix de vie, leur passion, équilibrer le professionnel et le personnel ou avoir la possibilité de travailler à distance. Par exemple, l’épidémie actuelle (Covid 19) en imposant et renforçant le télétravail, accélère la transition vers de nouveaux modes collaboratifs favorisant le statut et les qualités intrinsèques de l’indépendant.
Aussi dans le cadre de l’incertitude généralisée, les organisations vont être réticentes à l’embauche. Le recours aux indépendants va être naturel. Cet appel aux indépendants qui concernait tous les secteurs et toutes les tailles d’entreprises de manière croissante va s’accroitre très prochainement. Le statut d’indépendant va être considéré comme une norme au même titre que celui de salarié. Pour attirer ces talents et les retenir, les entreprises auront également à souhait de s’adapter à leur aspiration.
Enfin, les gouvernements étant à l’affut d’un nouveau pacte social, les sociétés devant se réinventer pour créer de la valeur et attirer les meilleurs talents, les indépendants représentent une solution naturelle et cohérente afin d’assurer une partie de l’équilibre d’un monde qui accélère sa transformation.

Racontez en quelques mots, l'activité principale que votre métier d'indépendant vous permet de réaliser en parallèle

J’ai toujours nourri un grand intérêt pour les activités artistiques qui permettent d’exprimer ma créativité et mes émotions. Ce sont des moteurs importants dans mon quotidien.
Je suis en train d’écrire un nouveau roman. J’en ai déjà édité trois (Le Voleur de Rêves, Pour un seul mot d’elle, Il était une Foi). J’ai reçu plusieurs prix littéraires pour deux d’entre eux ; cette reconnaissance m’a permis de valoriser mon travail d’écriture. J’aime aussi écrire des pièces de théâtre que je plais à produire au sein d’un cercle amical et amateur.
Dans un autre domaine artistique, je compose de la musique (piano, voix, arrangement) depuis plusieurs années. J’ai eu la chance de lancer plusieurs groupes avec d’autres passionnés avec lesquels j’ai fait plusieurs concerts et participé à des concours tremplins. J’enregistre actuellement certains de mes morceaux. J’espère à terme entamer une démarche plus professionnelle.

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